Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes ou troubles du sommeil sont souvent associés à la ménopause.
Pourtant, cette période peut s’accompagner d’autres manifestations moins connues.
Parmi elles figurent les démangeaisons cutanées.
Certaines femmes évoquent aussi des picotements, des fourmillements ou une sensation étrange sur la peau.
Selon le Dr Michel Mouly, gynécologue obstétricien et cancérologue, ces troubles peuvent notamment être liés à la diminution des œstrogènes.
Un symptôme de la ménopause encore peu connu
La ménopause correspond à l’arrêt des règles depuis au moins un an.
Elle survient généralement autour de 50 ans. Cette période s’accompagne de changements hormonaux importants.
Certaines manifestations sont particulièrement connues.
C’est le cas des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes et des troubles du sommeil. Des changements d’humeur peuvent aussi apparaître.
Certaines femmes constatent également une prise de poids ou une sécheresse vaginale.
Cependant, d’autres symptômes sont moins facilement associés à la ménopause.
Les démangeaisons de la peau en font partie.
Des sensations parfois très particulières
Les femmes concernées ne décrivent pas toutes leurs symptômes de la même manière.
Certaines parlent de démangeaisons classiques.
D’autres ressentent plutôt des fourmillements ou des picotements. Des engourdissements peuvent aussi survenir.
Une autre sensation particulièrement étonnante est parfois décrite.
Certaines femmes ont l’impression récurrente d’avoir une toile d’araignée sur le visage.
Ces manifestations peuvent sembler étranges. Pourtant, elles pourraient être liées aux changements qui accompagnent la ménopause.
Selon le Dr Michel Mouly, le phénomène serait d’ailleurs plus fréquent qu’on ne le pense.
Les symptômes peuvent commencer avant la ménopause
Ces démangeaisons ne commencent pas nécessairement après l’arrêt définitif des règles.
Elles peuvent déjà apparaître durant la préménopause.
Cette période précède la ménopause et peut durer plusieurs années chez certaines femmes.
Cependant, les démangeaisons peuvent devenir plus présentes après la ménopause.
La diminution des œstrogènes joue alors un rôle important.
« Ces démangeaisons résultent principalement de la diminution des œstrogènes, qui entraîne une sécheresse et une fragilité de la peau », explique le Dr Michel Mouly.
La peau subit en effet plusieurs transformations sous l’effet de ces changements hormonaux.
Pourquoi la peau devient-elle plus fragile ?
Les œstrogènes participent à plusieurs mécanismes importants pour la peau.
Lorsque leur niveau diminue, la production de certains composants essentiels peut également être affectée.
C’est notamment le cas du collagène.
Cette protéine joue un rôle important dans la fermeté de la peau.
L’acide hyaluronique participe, de son côté, à son hydratation.
Enfin, l’élastine contribue à préserver son élasticité.
Lorsque les œstrogènes diminuent, ces différents mécanismes peuvent être perturbés.
La peau peut alors devenir plus fine et plus sèche.
Des démangeaisons liées à la sécheresse cutanée
Cette transformation de la peau peut favoriser l’apparition de démangeaisons.
Ce phénomène porte également le nom de prurit.
« Avec la baisse des œstrogènes, la peau s’amincit, se déshydrate, perd en tonicité et des démangeaisons, aussi appelées “prurit”, apparaissent », résume le Dr Michel Mouly.
La sécheresse cutanée constitue donc une explication possible.
Cependant, elle n’est pas la seule.
Dans certains cas, les démangeaisons pourraient avoir une origine différente.
Les nerfs peuvent également être impliqués
Lorsque les démangeaisons ne sont pas directement provoquées par la sécheresse de la peau, une origine neurologique peut être envisagée.
On parle alors de prurit neuropathique.
Cette forme peut provoquer des sensations particulières.
Les personnes concernées peuvent notamment ressentir des brûlures, des picotements ou des irritations importantes.
Pourtant, aucune lésion visible n’est nécessairement présente sur la peau.
Selon le Dr Michel Mouly, la diminution des œstrogènes pourrait également intervenir dans ce phénomène.
Le rôle protecteur des œstrogènes
Les œstrogènes ne jouentent pas uniquement un rôle au niveau de l’apparence de la peau.
Ils auraient également une action protectrice sur certains nerfs.
« Les œstrogènes ont une action protectrice sur les nerfs périphériques », précise le médecin.
Ainsi, leur diminution pourrait favoriser certains dysfonctionnements sensoriels.
Cela pourrait expliquer pourquoi certaines femmes ressentent des picotements ou des sensations inhabituelles sans présenter de problème visible à la surface de la peau.
Cependant, toutes les femmes ne sont pas touchées de la même manière.
Certaines femmes sont plus exposées
Plusieurs facteurs peuvent augmenter la probabilité de souffrir de démangeaisons pendant la ménopause.
Les femmes ayant naturellement une peau sèche ou sensible pourraient être davantage concernées.
Des problèmes cutanés déjà présents peuvent également jouer un rôle.
C’est notamment le cas de l’eczéma ou du psoriasis.
Les symptômes pourraient alors devenir plus importants pendant cette période.
L’environnement et le mode de vie peuvent aussi avoir une influence.
Enfin, la génétique pourrait intervenir.
« Si des membres de la famille ont éprouvé ces symptômes, il est possible que vous soyez également prédisposée à les ressentir à votre tour », observe le Dr Michel Mouly.
Comment soulager les démangeaisons ?
Plusieurs approches peuvent être envisagées.
Le choix dépend notamment de l’origine des symptômes et de leur intensité.
Lorsque les démangeaisons sont associées à la diminution des œstrogènes, le traitement hormonal de la ménopause peut être discuté.
Il peut notamment agir sur l’hydratation, la densité et l’élasticité de la peau.
Cependant, ce traitement n’est pas adapté automatiquement à toutes les femmes.
« Il doit toutefois être prescrit après une évaluation médicale personnalisée », insiste le gynécologue.
Une consultation médicale est donc indispensable avant de l’envisager.
Les crèmes hydratantes peuvent apporter du confort
Des soins locaux peuvent également être utilisés.
L’application régulière d’une crème hydratante peut notamment aider à lutter contre la sécheresse.
Certaines formules contiennent de l’acide hyaluronique, des céramides ou encore des antioxydants.
Ces produits peuvent contribuer à renforcer la barrière cutanée.
Ils peuvent donc améliorer le confort lorsque la peau devient sèche.
Cependant, leur action reste différente de celle d’un traitement hormonal.
Selon le Dr Michel Mouly, ces produits agissent « uniquement en surface et ne peuvent pas compenser les effets de la carence hormonale au niveau cellulaire ».
Le mode de vie peut aussi jouer un rôle
Prendre soin de sa peau ne passe pas uniquement par l’application de produits.
Le mode de vie peut également participer au maintien d’une peau en bonne santé.
Le Dr Michel Mouly recommande notamment une alimentation équilibrée.
Les oméga-3, les vitamines et les antioxydants peuvent avoir leur place dans cette alimentation.
Une hydratation adéquate est également importante.
Enfin, une activité physique régulière complète ces habitudes.
Selon le spécialiste, ces différents éléments contribuent au maintien de la santé cutanée et nerveuse.
Des traitements spécifiques pour le prurit neuropathique
Lorsque les démangeaisons sont d’origine neurologique, la prise en charge peut être différente.
Des traitements spécifiques peuvent parfois être proposés.
Le Dr Michel Mouly cite notamment la gabapentine et la prégabaline.
Ces médicaments agissent sur l’activité nerveuse impliquée dans certains prurits neuropathiques.
Ils ne doivent toutefois pas être utilisés sans avis médical.
Le choix du traitement dépend de la situation de chaque patiente et de l’origine réelle des symptômes.
Pourquoi consulter en cas de démangeaisons persistantes ?
Il est important de ne pas attribuer automatiquement toutes les démangeaisons à la ménopause.
Un prurit peut avoir différentes origines.
Ainsi, lorsqu’il devient persistant, intense ou inhabituel, un avis médical permet d’en rechercher la cause.
Le gynécologue pourra notamment déterminer si les changements hormonaux peuvent expliquer les symptômes.
Si cette origine est confirmée, différentes solutions pourront ensuite être discutées.
Traitement hormonal, soins hydratants ou prise en charge spécifique d’un prurit neuropathique peuvent être envisagés selon les cas.
Les démangeaisons font donc partie des manifestations moins connues qui peuvent accompagner la ménopause. Même si elles sont moins médiatisées que les bouffées de chaleur, elles peuvent avoir un véritable impact sur le confort quotidien.