{"id":33352,"date":"2026-11-02T09:11:04","date_gmt":"2026-11-02T09:11:04","guid":{"rendered":"https:\/\/story24.biz.ua\/?p=33352"},"modified":"2026-11-02T09:11:04","modified_gmt":"2026-11-02T09:11:04","slug":"grossophobie-medicale-les-femmes-obeses-sont-elles-moins-bien-prises-en-charge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/story24.biz.ua\/?p=33352","title":{"rendered":"Grossophobie m\u00e9dicale : les femmes ob\u00e8ses sont-elles moins bien prises en charge ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Remarques sur le poids gliss\u00e9es entre deux questions m\u00e9dicales, r\u00e9gime impos\u00e9 avant m\u00eame d\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 le motif de consultation, sympt\u00f4mes syst\u00e9matiquement rattach\u00e9s \u00e0 la corpulence : <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la grossophobie dans le soin n\u2019est pas une impression isol\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne document\u00e9 par la recherche m\u00e9dicale et sociologique.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et les femmes, en particulier, y sont confront\u00e9es de fa\u00e7on sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un ph\u00e9nom\u00e8ne mesur\u00e9, pas seulement ressenti<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u00e9tude publi\u00e9e en 2022 dans la revue <em>M\u00e9decine<\/em>, men\u00e9e aupr\u00e8s de patientes et de m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, rappelle un chiffre important. En 2017, <strong>les trois quarts des femmes ob\u00e8ses et la moiti\u00e9 des femmes en surpoids d\u00e9claraient avoir d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des remarques n\u00e9gatives sur leur poids de la part de professionnels de sant\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce biais ne concerne pas seulement quelques praticiens. Une \u00e9tude fran\u00e7aise de 2005 montrait d\u00e9j\u00e0 que <strong>30 % des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, internes et cardiologues interrog\u00e9s avaient des st\u00e9r\u00e9otypes n\u00e9gatifs envers les personnes tr\u00e8s corpulentes<\/strong>. Parmi ces pr\u00e9jug\u00e9s figurait notamment l\u2019id\u00e9e qu\u2019elles seraient plus paresseuses ou plus indulgentes envers elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces repr\u00e9sentations ne sont d\u2019ailleurs pas propres au monde m\u00e9dical. Selon un sondage command\u00e9 en 2020 par la Ligue contre l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, <strong>67 % des Fran\u00e7ais pensent que perdre du poids est avant tout une question de volont\u00e9<\/strong>. Pourtant, l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 d\u00e9finit l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 comme une maladie multifactorielle, influenc\u00e9e notamment par la g\u00e9n\u00e9tique, le m\u00e9tabolisme et l\u2019environnement.<a href=\"https:\/\/celebfrance.org\/voici-les-allergies-alimentaires-les-plus-frequentes-et-les-signes-qui-doivent-vraiment-vous-inquieter\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des m\u00e9canismes concrets qui d\u00e9gradent le soin<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le probl\u00e8me ne se limite pas \u00e0 quelques mots maladroits. <strong>Les chercheurs constatent que les m\u00e9decins attribuent souvent, en premier lieu, les probl\u00e8mes de sant\u00e9 de leurs patientes ob\u00e8ses \u00e0 leur poids<\/strong>, avant d\u2019explorer d\u2019autres causes possibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, des douleurs, des saignements ou d\u2019autres sympt\u00f4mes peuvent \u00eatre minimis\u00e9s. Ils peuvent aussi \u00eatre expliqu\u00e9s trop rapidement par la corpulence. Cette situation risque alors de retarder un diagnostic qui aurait n\u00e9cessit\u00e9 des examens compl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette dynamique a \u00e9galement une cons\u00e9quence directe sur le recours aux soins. <strong>Les patientes qui ont v\u00e9cu des remarques stigmatisantes consultent moins et font moins confiance \u00e0 leurs soignants.<\/strong> Certaines repoussent ou annulent m\u00eame leurs rendez-vous. Elles peuvent notamment craindre d\u2019\u00eatre pes\u00e9es ou de subir \u00e0 nouveau des commentaires sur leur poids.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce non-recours aux soins peut concerner le suivi gyn\u00e9cologique de routine. Il peut aussi toucher la prise en charge de pathologies qui n\u2019ont aucun lien avec le poids. Un cercle probl\u00e9matique peut alors s\u2019installer : <strong>la stigmatisation elle-m\u00eame finit par aggraver l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 qu\u2019elle pr\u00e9tend combattre<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un changement de regard appara\u00eet donc n\u00e9cessaire. Il passe notamment par une meilleure reconnaissance de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 comme une maladie chronique et multifactorielle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi les femmes sont particuli\u00e8rement concern\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sujet touche les deux sexes. Cependant, <strong>les femmes cumulent souvent deux m\u00e9canismes de discrimination distincts : la grossophobie et le sexisme<\/strong>. Ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes peuvent s\u2019articuler et cr\u00e9er une exp\u00e9rience sp\u00e9cifique, diff\u00e9rente de celle v\u00e9cue par les hommes ob\u00e8ses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019injonction sociale \u00e0 la minceur reste globalement plus forte pour les femmes. De plus, <strong>les \u00e9tudes montrent que les discriminations li\u00e9es au poids apparaissent chez elles \u00e0 des IMC plus bas que chez les hommes<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France, les femmes repr\u00e9sentaient en 2017 pr\u00e8s de 79 % des patients ayant recours \u00e0 la chirurgie bariatrique. Ce chiffre refl\u00e8te en partie cette pression sociale et m\u00e9dicale plus pr\u00e9coce et plus insistante autour du poids f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les t\u00e9moignages recueillis dans la litt\u00e9rature scientifique sur le sujet convergent \u00e9galement. Certaines patientes rapportent avoir vu leurs douleurs de r\u00e8gles ou d\u2019autres sympt\u00f4mes gyn\u00e9cologiques attribu\u00e9s \u00e0 leur corpulence sans examen approfondi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019autres expliquent avoir re\u00e7u des commentaires culpabilisants au cours de consultations qui n\u2019avaient pourtant aucun rapport direct avec leur poids. Ces exp\u00e9riences peuvent progressivement fragiliser la relation de confiance entre la patiente et le professionnel de sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ce que cela signifie pour une prise en charge de qualit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les recommandations issues de ces travaux ne consistent pas \u00e0 \u00e9viter le sujet du poids en consultation, mais plut\u00f4t \u00e0 changer la fa\u00e7on de l\u2019aborder.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un rappel syst\u00e9matique et d\u00e9contextualis\u00e9 du poids, \u00e0 chaque consultation et quel qu\u2019en soit le motif, peut s\u2019av\u00e9rer contre-productif. Cette approche cr\u00e9e de l\u2019appr\u00e9hension et peut renforcer l\u2019\u00e9vitement du soin. Surtout, elle n\u2019am\u00e9liore pas n\u00e9cessairement les r\u00e9sultats de sant\u00e9.<a href=\"https:\/\/celebfrance.org\/a-39-ans-atteinte-dun-cancer-du-colon-en-phase-terminale-elle-revele-le-signe-quelle-aurait-du-prendre-au-serieux\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019inverse, il est pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019aborder le sujet au moment opportun. \u00c9couter le point de vue de la patiente sur les causes de sa prise de poids est \u00e9galement important. Enfin, reconna\u00eetre le caract\u00e8re multifactoriel de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 permet de construire une relation de confiance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette approche favorise ainsi une prise en charge r\u00e9ellement personnalis\u00e9e. Le poids peut rester un \u00e9l\u00e9ment m\u00e9dical \u00e0 prendre en compte lorsqu\u2019il est pertinent, sans pour autant devenir l\u2019explication automatique de chaque sympt\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En r\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La grossophobie m\u00e9dicale n\u2019est pas seulement une question de sensibilit\u00e9 individuelle. <strong>C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne mesurable, qui influence concr\u00e8tement la qualit\u00e9 des soins re\u00e7us par les femmes en surpoids ou en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9<\/strong>, depuis la premi\u00e8re consultation jusqu\u2019au suivi \u00e0 long terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les remarques stigmatisantes peuvent d\u00e9grader la relation avec les soignants et favoriser l\u2019\u00e9vitement des consultations. Elles peuvent aussi conduire certains sympt\u00f4mes \u00e0 \u00eatre trop rapidement associ\u00e9s au poids.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reconna\u00eetre l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 comme une maladie chronique \u00e0 part enti\u00e8re, et non comme un simple d\u00e9faut de volont\u00e9, constitue donc une \u00e9tape importante. L\u2019objectif est de sortir de ce cercle et de proposer \u00e0 chaque patiente une prise en charge adapt\u00e9e \u00e0 ses besoins r\u00e9els, sans r\u00e9duire syst\u00e9matiquement son \u00e9tat de sant\u00e9 \u00e0 sa corpulence.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Remarques sur le poids gliss\u00e9es entre deux questions m\u00e9dicales, r\u00e9gime impos\u00e9 avant m\u00eame d\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 le motif de consultation, sympt\u00f4mes syst\u00e9matiquement rattach\u00e9s \u00e0 \n<a class=\"moretag\" href=\"https:\/\/story24.biz.ua\/?p=33352\"> [...]<\/a>","protected":false},"author":1,"featured_media":33353,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-33352","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33352","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=33352"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33352\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33354,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33352\/revisions\/33354"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/33353"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=33352"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=33352"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/story24.biz.ua\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=33352"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}